Dans un projet de construction, c’est souvent ce qui vient en dernier, au faîte du toit. Les nouveaux immeubles sont loin d’être sorti du sol, et pourtant, les girouettes sont déjà là. La réunion d’information sur les Hauts de Joinville, jeudi 2 juillet 2009 en mairie de Joinville-le-Pont, a montré de beaux exemples de ces personnes dont les convictions flottent au gré des vents, et qui sont près à défendre un nouveau projet avec autant de conviction qu’ils ont soutenu le précédent.
Ainsi, Michel Destouches, Chantal Durand ou Jean-Jacques Gressier, tous trois maires-adjoints, on voté et défendu le projet d’aménagement des Hauts de Joinville présenté par Pierre Aubry en décembre 2007. Ils estiment aujourd’hui qu’il « n’a pas de sens. »
Le conseiller général et ancien maire-adjoint, Georges Nérin est venu à résipiscence : certes, il avait présenté, défendu et même porté le projet, mais il n’était « pas d’accord ». Quand à l’ex-élu écologiste, Michel Laval, qui contestait jusqu’ici farouchement toute densification, il a estimé que passer de 400 à 455 logements avec 1200 habitants de plus, « çà allait dans le bons sens », regrettant toutefois qu’il n’y ait pas plus d’espaces verts.
Car effectivement, et je me suis efforcé de le démontrer, le nouveau projet diminue d’un tiers les espaces verts prévus : 3000 m² au lieu de 4500 m² inscrits dans le document constitutif de la Zac des Hauts de Joinville. Il réduit considérablement les équipements publics : seule la reconstruction du gymnase qu’on va détruire reste prévue (c’est bien le moins). La crèche subsiste, mais est réduite de moitié (30 berceaux au lieu de 60), tandis que l’espace culturel, l’équipement administratif et la passerelle passent carrément à la trappe.
Alors que dans le protocole qui liait la ville à l’aménageur Eiffage celui-ci s’était engagé à acheter des terrains propriétés de la commune pour 9,5 millions d’euros, l’avenant adopté mardi pas le conseil municipal réduit cet apport de 45% : pas plus de 5,2 millions d’euros rentreront dans les caisses de la commune pour lui permettre de financer ses investissements.
Une information entendue pendant la réunion publique : la commune va faire « étudier » l’instauration d’un stationnement payant dès l’automne, une façon d’attirer un candidat pour le parking envisagé place du 8 mai 1945.
Des panneaux présentant le dossier sont disposés en mairie à partir du 3 juillet ; un cahier sera également à disposition du public. Les observations seront sans doute regardées avec une attention d’autant plus grande que le programme a déjà été adopté, sans débat, le 30 juin.
Tout de même, dans les quelques 200 Joinvillais venus entendre la présentation du projet des Hauts de Joinville, il y en avait un dont les idées n’avaient pas varié d’un iota : le Dr Desprairies, copropriétaire d’une maison avec un vaste jardin centenaire, rue de Paris, a raconté comment il luttait déjà contre Georges Defert, le maire divers droite (1953-1975) qui construisit la plupart des Hlm de Joinville, dont ceux de la rue de Paris. Ayant échappé selon lui à 5 « tentatives d’expropriation », il s’est dit déterminé à sauver une fois encore son îlot de verdure.
La girouette de l’église Saint Charles